2ème édition « Cinéma sous les Etoiles »

Sous les étoiles 2008

A CLANSAYES

Dimanche 3 août 2008

Place Bertrand de Clansayes à Clansayes
Dès 19h30, petite restauration sous les chênes, pâtisseries, buvette. Visite du village de Clansayes (information sur place)
22h00 (entrée libre)
Projection vidéo en plein air de 2 films documentaires

Nanook of the North de Robert Flaherty (1922) - 80’

(Nanouk l'esquimau)
États-Unis/1922/1h04/N&B/Muet/VOST/Documentaire d'aventures/Version de l'International Film Seminars

Le film

nanouk2
Photo : Robert J. Flaherty.
Photo prétée par le fonds Révillon - Paris

Ce film décrit la vie quotidienne de Nanouk l'Esquimau, de sa femme Nyla, et de leurs deux enfants et du chien Comock, sur les côtes de la mer d'Hopewell, à l'est de la baie d'Hudson. On assiste à une vente de peaux de renards, à la construction d'un igloo, à une pêche au phoque, à une tempête de neige, à la découverte par Nanouk du gramophone, etc.

Flaherty s'est complètement intégré au monde qu'il filme et c'est là où son film peut être perçu comme le plus fidèle et sincère témoignage sur le peuple esquimau. Lorsqu'il tourne Nanouk l'Esquimau à Inukjuak (nom inuit de Port Harrison dans la baie d'Hudson), il a passé au total près de dix années auprès des Esquimaux. C'est cet investissement total, cette curiosité, cet amour, qui élèvent le film et le rend si touchant et intemporel. Ce qui l'intéresse Flaherty avant tout c'est de s'immerger dans une culture et de la livrer au spectateur dans toute sa grandeur et sa spécificité. Cette envie de partage qui anime Flaherty, que ce soit du sujet vers le spectateur ou entre lui et ceux qu'il filme, passe par l'usage du langage du cinéma de fiction et par l'abolissement des frontières entre lui et ses sujets. Flaherty n'hésite pas à faire jouer ceux qu'il filme ou encore à se mettre lui-même en scène, ce qui va à l'encontre d'une neutralité documentaire censée être le garant d'une reproduction fidèle de la réalité...

{slide=détail du film}

Nanouk l'Esquimau n'hésite donc pas à rivaliser dans sa construction avec un long métrage de fiction. Flaherty réalise de véritables séquences de suspens ou encore de comique, comme celle hilarante où Nanouk se bât avec un phoque récalcitrant. Le film se construit sur des instantanés, des saynètes, tout en fabriquant de toutes pièces des climax dramatiques. Devant nos yeux émerveillés ce sont ainsi des instants magiques qui défilent, certains d'une grande force dramatique, d'autre chaleureusement intimes. C'est un canoë qui délivre une foule de personnes cachées sous sa coque, un réveil sous les épaisses peaux d'ours dans lesquelles la famille est emmitouflée, une pêche sur une banquise instable qui manque à chaque moment de se déchirer, la construction d'un igloo, la morsure d'un blizzard cinglant sur des chiens de traîneaux immobiles...

Présenté à New York en 1922, en complément imprévu d'un burlesque de Harold Lloyd, Nanouk connut un énorme succès en Europe, qui popularisa le nom de sa vedette. On en fit une marque d' « esquimaux » vendus aux entractes. Le vrai Nanouk, cependant, mourut de faim et de froid deux ans après le tournage.

Un coffret de 3 DVD avec les films essentiels de Flaherty est disponible depuis 2006 aux Editions Montparnasse

Générique

Réalisateur : Robert J. Flaherty
Scénariste : Robert J. Flaherty
Acteurs : Allakariallak (Nanouk), Nyla (l'épouse souriante de Nanouk), Cunayou (autre épouse de Nanouk), Allee (fils de Nanouk), Allegoo (fils de Nanouk), le chien Comock
Image : Robert J. Flaherty
Montage : Robert J. Flaherty, Herbert Edwards (version 1947), Charles Gelb
Société de production : Les Frères Revillon, France

Le réalisateur

nanouk1Robert Joseph Flaherty est né le 16 février 1884 à Iron Mountain (Michigan). Fils d'un chercheur d'or d'origine irlandaise, Robert Flaherty est très tôt attiré par l'aventure, les voyages, la découverte.
A douze ans il accompagne son père pour une année de prospection (dans la région du Lac des bois) et vit au côté d'un peuple indien. Partageant leur campement, Flaherty apprend à tirer à l'arc et à chasser. Cette année est une véritable illumination et Flaherty n'aura dès lors de cesse de repartir à l'aventure. De retour dans sa ville d'origine, il ne parvient pas à se ré acclimater, ne cessant de rêver à de nouveaux voyages. Il multiplie les fugues avant de se faire renvoyer définitivement de l'école des mines où son père l'a inscrit.
Il trouve un travail pour une compagnie de chemins de fer comme cartographe et explorateur puis se rend en 1910 dans la baie d'Hudson au Canada pour la première de ses cinq expéditions dans le grand nord financées par la fondation Mackenzie. Il découvre les îles Belcher (dont la plus grande porte son nom), cartographie la région et surtout fait la rencontre du peuple Esquimaux. Il est très vite fasciné par les Inuits et multiplie ses rencontres avec ce peuple encore mystérieux.
A partir de 1912 il passe le plus clair de son temps à partager le quotidien des habitants de la côte d'Hopewell et désireux de montrer leur mode de vie s'équipe d'une caméra Bell & Howell. Durant deux ans, de 1913 à 1914, il tourne un grand nombre de petits films sur les Esquimaux dont les négatifs originaux seront malheureusement détruits. Il repart pour quinze mois, entre 1919 et 1920, tourner ce qui deviendra son premier film, le mythique Nanouk l'Esquimau.

Les films essentiels

1922 : Nanouk l'Esquimau (Nanook of the North)
La vie quotidienne de Nanouk et de sa famille, esquimaux de la région d'Ungawa, sur la rive orientale de la baie d'Hudson. La recherche perpétuelle de nourriture exige une vie nomade. L'été durant, ils voyagent sur le fleuve pour pêcher le saumon et le morse. L'hiver, ils trouvent de la nourriture après avoir bien souvent frôlé la famine. La nuit, toute la famille construit l'igloo, puis ils se glissent dans des vêtements de fourrure pour dormir, utilisant leurs habits de jour en guise d'oreiller. Le lendemain, la quête reprend et la vie continue.

1934 : L'Homme d'Aran (Man of Aran)
Une famille de pêcheurs vit dans des conditions extrêmement pénibles sur une île aride, au large des côtes d'Irlande. Le père casse d'énormes cailloux pour unifier le sol, la mère va ramasser la terre et les algues coincées dans les anfractuosités des rochers battus par les flots, le fils capture des crabes qui lui serviront d'appâts pour la pêche ou aide ses parents dans leur maigre culture....

1948 : Louisiana Story
Uri jeune garçon "cajun" (canadien d'origine française) se promène en pirogue dans un bayou de Louisiane : nous découvrons avec lui la flore et la faune grandioses de ce coin sauvage de la Nouvelle-Orléans. Mais voici que des explosions retentissent et qu'un puissant tracteur aquatique se fraie un chemin à travers les hautes herbes : ce sont des prospecteurs venus installer un puits de pétrole. Le père du garçon leur signe un contrat autorisant le forage, tandis que le gamin, méfiant, poursuit sa promenade champêtre avec Jojo, son raton laveur...

Sources

http://archive.sensesofcinema.com/contents/directors/02/flaherty.html
http://www.cineclubdecaen.com/realisat/flaherty/nanouklesquimau.htm
http://www.thunderbaymuseum.com/flaherty.htm
http://french.imdb.com/title/tt0013427/
http://www.editionsmontparnasse.fr/

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Entracte

« Minik, l’Esquimau Déraciné » de Axel Engstfeld (2005) -81’

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Organisateur : Association Vivre à Clansayes
Avec le soutien de la Municipalité de Clansayes
et de nos partenaires vignerons
Domaine des Rosier, Chantemerle-lès-Grignan
Château Bizard, Allan



(Par fort mistral pensez à prendre couvertures et vêtements chauds)